<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Histoires du Niger &#187; securite</title>
	<atom:link href="https://www.nathalie-prevost-niger.net/category/securite/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.nathalie-prevost-niger.net</link>
	<description>Histoires du Niger</description>
	<lastBuildDate>Mon, 18 Feb 2019 17:23:23 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Jean-Marc Gadoullet, le négociateur de l&#8217;ombre entre Aqmi et la France</title>
		<link>https://www.nathalie-prevost-niger.net/2012/12/20/jean-marc-gadoullet-le-negociateur-de-lombre-entre-aqmi-et-la-france-2/</link>
		<comments>https://www.nathalie-prevost-niger.net/2012/12/20/jean-marc-gadoullet-le-negociateur-de-lombre-entre-aqmi-et-la-france-2/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 20 Dec 2012 00:32:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nathalie PREVOST]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[securite]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nathalie-prevost-niger.net/?p=405</guid>
		<description><![CDATA[Jean-Marc Gadoullet, le négociateur de l&#8217;ombre entre Aqmi et la France Si l&#8217;extravagante opération de diplomatie parallèle engagée par la France auprès d&#8217;Aqmi (Al-Qaeda au Maghreb islamique) occupe les journaux depuis quelques jours, ce n&#8217;est pas par hasard, ni en raison de la jalousie d&#8217;intermédiaires évincés ou concurrents du romanesque ancien agent secret Jean-Marc Gadoullet,&#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h5><strong><span style="color: #993300;">Jean-Marc Gadoullet, le négociateur de l&#8217;ombre entre Aqmi et la France</span></strong></h5>
<p>Si l&#8217;extravagante opération de diplomatie parallèle engagée par la France auprès d&#8217;Aqmi (Al-Qaeda au Maghreb islamique) occupe les journaux depuis quelques jours, ce n&#8217;est pas par hasard, ni en raison de la jalousie d&#8217;intermédiaires évincés ou concurrents du romanesque ancien agent secret Jean-Marc Gadoullet, le libérateur de trois otages en février dernier. C&#8217;est plutôt l&#8217;effet naturel de l&#8217;agacement croissant des professionnels du dossier, Français ou étrangers, que les initiatives débordantes du négociateur ont fini par exaspérer. On ne saura sans doute jamais pourquoi, le 23 novembre, l&#8217;ex-colonel Jean-Marc Gadoullet, 49 ans, en mission discrète au nord du Mali, a refusé d&#8217;obtempérer à un check-point de l&#8217;armée malienne, alors que l&#8217;élu touareg qui l&#8217;accompagnait l&#8217;avait devancé sans encombre. Le plus probable, c&#8217;est qu&#8217;il a eu peur d&#8217;un piège. Il le dit au Monde : &#8220;Je pensais que c&#8217;était des bandits.&#8221;C&#8217;est vrai que la région de Gao, noyée par le sable rouge de l&#8217;harmattan en cette saison, est chaque jour plus inhospitalière, en proie aux bandits, rebelles et djihadistes toujours plus nombreux. Toujours est-il que la balle qui l&#8217;a touché à l&#8217;épaule sonne la fin d&#8217;une partie jusqu&#8217;ici incroyablement audacieuse. Il se peut aussi qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un avertissement de la part des autorités maliennes difficiles à suivre dans les subtilités de leur politique antiterroriste. Il est fait officier de la Légion d&#8217;honneur le 5 juillet 2008 Avant de venir au Sahel, en tant que responsable de la sécurité de la société de BTP Satom, filiale de Vinci, l&#8217;ex-colonel a bourlingué pendant vingt ans sous couverture et sous pseudo, sur plusieurs continents, au sein du service Action de la DGSE (Direction générale des services extérieurs). Né à Philippeville, en Algérie, l&#8217;année de l&#8217;indépendance, il est entré dans l&#8217;armée en 1982. Après la Birmanie, les Balkans, l&#8217;Afrique centrale, il se forge une réputation au contact de mouvements insurrectionnels amis. &#8220;Un type solide, qu&#8217;on envoie dans des situations extrêmes.&#8221; Sa chance du colonel tourne en février 2008, à N&#8217;Djamena, au coeur du palais d&#8217;Idriss Déby assailli par la rébellion. Il est conseiller militaire du président Déby et la Commission des Affaires étrangères de l&#8217;Assemblée nationale se demande s&#8217;il n&#8217;a pas trempé dans la disparition de l&#8217;opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh. Le député PS Gaëtan Gorce a posé la question officiellement, le 7 juillet 2010, au ministre de la Défense Hervé Morin. Ce dernier n&#8217;a pas répondu. Déby se sauve par miracle et Gadoullet, bien que soutenu à Paris, est grillé à N&#8217;Djamena. Fin de la vie militaire. Le 5 juillet 2008, il est fait officier de la Légion d&#8217;honneur et, le 4 décembre 2008, il créé une petite SARL familiale à Perpignan, Global D. Capital, 3 000 euros. Objet social : toute activité d&#8217;audit, de conseil, de management, de démarchage et d&#8217;implantation des entreprises, tous services de sécurité des biens, des personnes, des entreprises. En septembre 2011, il créé à Genève une deuxième SARL, plus dodue, avec un capital de 20 000 francs suisses : Opos (Opération et organisations spéciales). Il en est le seul sociétaire et gérant. Gadoullet semble confondre les agendas et les carnets d&#8217;adresses de son ancienne vie avec ceux de la nouvelle. Certains de ses collègues s&#8217;inquiétent. Le 16 septembre 2010, l&#8217;émir d&#8217;Aqmi Abou Zeid fait un gros coup. A Arlit, la société minière du nord du Niger, il capture sept personnes : un ingénieur d&#8217;Areva et son épouse, et cinq agents de la Satom, sous-traitante d&#8217;Areva pour la construction de la future mine d&#8217;Imouraren. Les canaux habituels de négociation avec Aqmi sont immédiatement activés, autour d&#8217;Areva, vers le Burkina et le Mali. D&#8217;exrebelles touaregs sont mis à contribution. Abou Zeid entend tirer le prix fort de quatre otages mais semble prêt à libérer les trois autres à titre humanitaire : une femme, Françoise Larribe, deux agents africains de la Satom, un Togolais et un Malgache, dont l&#8217;enlèvement est difficile à assumer politiquement. En fin d&#8217;année, un émissaire est envoyé, à l&#8217;invitation d&#8217;Abou Zeid. Mais il est stoppé à Gao sur l&#8217;intervention de responsables maliens et nigériens. Il pulvérise le record du &#8220;cours de l&#8217;otage&#8221; A peu près au même moment, en décembre 2010, Gadoullet rencontre pour la première fois Abou Zeid, introduit par la carte maîtresse du président malien Amadou Toumani Touré : le facilitateur touareg malien Iyad Ag Ghali, un ex-chef de front rebelle des années 90, devenu très proche d&#8217;Aqmi. L&#8217;ancien agent secret français se fait fort de soutirer plus d&#8217;argent que les autres négociateurs. Avec lui, le cours de l&#8217;otage pulvérisera son record lors de la libération, le 24 février 2011, des trois premiers otages. On parle de 12 à 13 millions d&#8217;euros versés par les deux sociétés concernées, Areva et Satom, le double du prix acquitté par le gouvernement espagnol quelques mois plus tôt. On ignore qui a touché quoi, les autorités françaises, contrairement aux espagnoles, n&#8217;aimant pas la publicité sur ces choses. Savourant son coup réussi, Gadoullet ne s&#8217;en contente pas. En avril 2011, il est au Niger. Il approche plusieurs anciens rebelles touaregs au nord du pays et il tente de convaincre les autorités de le laisser créer une société de sécurité militarisée (SMP) qui vendra ses services dans toute la région ! De gros marchés en perspective, dans le contexte d&#8217;Aqmi au Nord du Sahel, de Boko Haram au Nigeria, et des effets secondaires de la guerre en Libye sur toute la région. Phénix, c&#8217;est son nom, recrutera d&#8217;anciens combattants touaregs et louera ses services à Tombouctou, Kidal et Arlit, via une autre société, Ades (associée à la sécurité de Satom au Mali et où s&#8217;activent d&#8217;anciens collègues parachutistes français). Des moyens aériens sont prévus. En réalité, il s&#8217;agit pour le tandem Gadoullet-Satom d&#8217;imposer ses exigences à Areva. Sans le feu vert de Satom, qui fait monter les enchères sécuritaires, la reprise du grand chantier Imouraren est compromise. Areva se rend donc aux exigences de Satom et intègre Phénix et Ades à son dispositif. Mais le beau projet avorte. Le principal soutien d&#8217;Areva et de Gadoullet au gouvernement nigérien n&#8217;est plus au pouvoir, pour cause d&#8217;élections démocratiques. Et les nouvelles autorités, ayant vent du projet Phénix, s&#8217;y opposent. Pas question de libéraliser la législation sur les armes. Pas question de laisser s&#8217;installer au Niger cette menaçante plate-forme de barbouzerie française. Le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, lors de son bilan de six mois aux affaires, expliquera à la télévision nigérienne que Phénix était sans doute la cause de la persistante rumeur de création d&#8217;une base militaire française au Niger. Il y a deux semaines, à Gao, Gadoullet poursuivait ses efforts de libération des quatre otages français. Mise à prix : 90 millions d&#8217;euros, somme sans précédent. Au même moment, Aqmi prenait deux nouveaux otages français, apparemment d&#8217;anciens mercenaires, à Hombori, à deux pas du pays Dogon. Et trois autres Occidentaux à Tombouctou. Aqmi vient de revendiquer tous ces rapts. On soupçonne les anciens &#8220;associés&#8221; du colonel Gadoullet, Iyad Ag Ghali et son ami Abdelkrim Taleb&#8230; Au bonneteau des otages, certains semblent décidément plus doués que d&#8217;autres.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.nathalie-prevost-niger.net/2012/12/20/jean-marc-gadoullet-le-negociateur-de-lombre-entre-aqmi-et-la-france-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Otages au Mali: Antoine et Vincent ont-ils été sacrifiés par l&#8217;Etat français?</title>
		<link>https://www.nathalie-prevost-niger.net/2012/01/21/otages-au-mali-antoine-et-vincent-ont-ils-ete-sacrifies-par-letat-francais-2/</link>
		<comments>https://www.nathalie-prevost-niger.net/2012/01/21/otages-au-mali-antoine-et-vincent-ont-ils-ete-sacrifies-par-letat-francais-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 21 Jan 2012 00:41:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nathalie PREVOST]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[securite]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nathalie-prevost-niger.net/?p=408</guid>
		<description><![CDATA[Il y a un an, Antoine de Léocour et Vincent Delory étaient tués au Mali durant l’opération qui devait les libérer. Ont-ils été sacrifiés par l’Etat français qui, pour d’autres otages, avait opté pour la négociation ? Dimanche 8 janvier, dans le petit cimetière de Linselles, dans le Nord, une stèle noire à l&#8217;effigie de&#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Il y a un an, Antoine de Léocour et Vincent Delory étaient tués au Mali durant l’opération qui devait les libérer. Ont-ils été sacrifiés par l’Etat français qui, pour d’autres otages, avait opté pour la négociation ?</h2>
<p>Dimanche 8 janvier, dans le petit cimetière de Linselles, dans le Nord, une stèle noire à l&#8217;effigie de Vincent Delory et Antoine de Léocour a été dévoilée. Deux jeunes de 25 ans, absurdement tués il y a un an dans la brousse du Sahel, à la frontière entre le Niger et le Mali. Les deux amis d&#8217;enfance sont morts sur une scène de guerre lors de l&#8217;intervention des forces spéciales françaises contre le commando d&#8217;Aqmi (Al-Qaeda au Maghreb islamique) qui les avait enlevés le soir du 7 janvier 2011 dans un petit bar en plein air de Niamey, la capitale du Niger.</p>
<div>Vincent était arrivé par le vol Air France quelques heures plus tôt. C&#8217;était sa première fois en Afrique. Antoine, lui, avait vécu au Niger et revenait y prendre femme. Les deux hommes sont morts le lendemain vers 10 h 30, heure de l&#8217;assaut donné par les forces spéciales héliportées sur un théâtre de sable, de poussière et d&#8217;épineux, après douze heures de cavale désespérée des ravisseurs pour tenter de regagner les montagnes du nord du Mali, le sanctuaire d&#8217;Aqmi, à bord d&#8217;un puissant 4&#215;4 blanc.</div>
<div>Mais les terroristes ont été &#8220;accrochés&#8221; avec leur précieux butin par un avion de surveillance français mobilisé dans la nuit. Dès lors, l&#8217;Elysée prend la décision de stopper le convoi. L&#8217;opération est menée grâce à la proximité d&#8217;un détachement du Commandement des opérations spéciales (COS) basé en permanence à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, à quelques centaines de kilomètres.</div>
<div><strong>Les deux familles réclament des éclaircissements</strong></div>
<div>Ce dimanche, on sent dans la voix d&#8217;Annabelle Delory, la soeur de Vincent, une certaine tension mêlée de fatigue.</div>
<blockquote>
<div><em>&#8220;C&#8217;est très regrettable qu&#8217;on en soit arrivé là. Au départ, on a fait confiance&#8230; Mais c&#8217;est allé trop loin.&#8221;</em></div>
</blockquote>
<div>Les parents et la soeur d&#8217;Antoine ont exprimé une colère à l&#8217;unisson de leurs compagnons d&#8217;infortune. <em>&#8220;On n&#8217;est pas tout seuls à se battre, c&#8217;est bien.&#8221;</em> Les deux familles réclament des éclaircissements sur l&#8217;opération, son déroulement et son objectif. Cela agace manifestement les militaires, qui estiment être seuls juges de leurs actes et n&#8217;ont pas l&#8217;habitude d&#8217;être passés au crible démocratique. La valse-hésitation du ministre de la Défense en matière de levée du secret défense en témoigne. Des images ont été déclassifiées, sauf celles de la minute qui correspond à la destruction du 4&#215;4 blanc. Le juge a entendu certains militaires, mais pas tous.</div>
<div>Finalement, le 9 janvier, le ministre de la Défense et des Anciens combattants Gérard Longuet a déclaré, en soulignant que des militaires français étaient toujours en opération dans la région, que <em>&#8220;tout ce qui pourra être donné sans mettre en cause leur sécurité sera naturellement donné. Le ministère de la Défense répondra favorablement à toute demande qui transitera par la commission de déclassement&#8221;.</em></div>
<div><em>&#8220;On attend de voir concrètement ce que ça veut dire&#8221;,</em> répond, assez froidement, Annabelle Delory. Il faut dire que depuis l&#8217;annonce brutale de la mort de son frère, elle a tout entendu. A chaud, un colonel leur a affirmé sans ciller que c&#8217;était mieux comme ça, finalement.</div>
<blockquote>
<div><em>&#8220;Ils auraient été retenus très longtemps, torturés. Il nous a dit aussi qu&#8217;on ne pouvait pas négocier avec ces gens-là parce qu&#8217;ils ne veulent pas d&#8217;argent ; ce sont des fanatiques. Il nous a même dit que pour les otages d&#8217;Areva, il n&#8217;y avait aucun contact, aucune négociation possible. Et un mois après, on a vu Françoise Larribe libérée. On n&#8217;a pas compris&#8221;,</em> poursuit Annabelle.</div>
</blockquote>
<div>La famille suppose alors qu&#8217;on ne lui a pas dit la vérité. Car les négociations pour libérer les otages travaillant à la mine d&#8217;uranium d&#8217;Arlit (nord du Niger), exploitée par Areva, et enlevés en septembre 2010 étaient déjà largement avancées au moment de l&#8217;assaut de janvier et aboutiront en mars 2011 à la libération de trois d&#8217;entre eux.</div>
<blockquote>
<div><em>&#8220;La vérité, c&#8217;est que Vincent et Antoine n&#8217;étaient pas salariés d&#8217;une grande entreprise, pas fils de ministre ou journalistes. Ils ont été sacrifiés.&#8221;</em></div>
</blockquote>
<div>Ces maladresses de la Défense n&#8217;avaient sans doute pour but que de faire accepter le drame aux familles. La vérité, comme Gérard Longuet vient de le rappeler, est que <em>&#8220;la seule façon de ne prendre aucun risque, c&#8217;est de ne rien faire&#8221;.</em> Un an plus tôt, Alain Juppé, alors ministre de la Défense, déclarait à la télévision : <em>&#8220;Ne rien faire, c&#8217;était donner le signal que la France ne se bat plus finalement contre le terrorisme. Voilà la décision qu&#8217;il fallait prendre, elle était grave, elle était lourde, nous l&#8217;avons prise et nous l&#8217;assumons pleinement.&#8221;</em></div>
<div>Mais le prix, ce sont les familles qui l&#8217;ont payé. Sans que personne ne les consulte sur l&#8217;opération prévue. C&#8217;est pourquoi elles interrogent le gouvernement sur le choix d&#8217;une intervention musclée, qui laissait, de l&#8217;avis de tous les spécialistes, peu de chances de s&#8217;en sortir aux deux otages.</div>
<blockquote>
<div><em>&#8220;S&#8217;il y avait raison d&#8217;Etat, s&#8217;il fallait envoyer un signal fort, qu&#8217;on nous le dise. Que la France soit claire !&#8221;</em></div>
</blockquote>
<div>Là encore, l&#8217;exécutif français n&#8217;aime pas rendre des comptes. L&#8217;Assemblée, muette et retranchée derrière l&#8217;union nationale contre le terrorisme, lui facilite grandement la tâche. Un seul député a pris publiquement position contre l&#8217;opération au sein de la Commission Défense de l&#8217;Assemblée et sur son blog : Yves Fromion, ancien militaire de carrière, UMP de surcroît. <em>&#8220;Chacun peut apprécier ce qu&#8217;il en est de cette affaire qui s&#8217;est déroulée dans des conditions calamiteuses</em> (&#8230;) <em>Mauvaise appréciation ? Ruptures capacitaires ? Complexités diplomatiques ?</em> (&#8230;) <em>La France doit pouvoir démontrer qu&#8217;elle est capable d&#8217;une autre alternative que de subir les prises d&#8217;otages ou de consentir à leur perte.&#8221;</em></div>
<div><strong>Les faiblesses de la politique de la France</strong></div>
<div>En réalité, la France a-t-elle une politique face à Aqmi ? Cette alternance de coups de menton et de coups de millions doit-elle être reliée au statut social des otages, comme le craignent les familles, ou n&#8217;est-elle dictée que par les opportunités du moment ? Quoi qu&#8217;il en soit, la politique de la France présente d&#8217;autres faiblesses autrement plus graves. Tout d&#8217;abord, les rançons versées permettent à Aqmi de s&#8217;armer et de se renforcer. Plusieurs pays de la région &#8211; le Sahel compte les pays les plus pauvres du monde &#8211; s&#8217;en inquiètent publiquement.</div>
<div>On parle de 12 millions d&#8217;euros versés pour faire libérer trois des sept otages d&#8217;Arlit. L&#8217;inégalité des otages dans la guerre de la France contre Aqmi est bel et bien réelle. Guillaume Denoix de Saint-Marc, directeur général de l&#8217;Association française des victimes du terrorisme, réclame une enquête parlementaire sur les différentes prises d&#8217;otages au Sahel : <em>&#8220;La politique de la France est changeante, incohérente, opaque. Il faut que les Français sachent quelle est la ligne désormais, qu&#8217;on négocie ou qu&#8217;on les abandonne.&#8221;</em></div>
<div>Il existe des &#8220;canaux&#8221; de négociation. Les milieux du renseignement les suivent de près : Burkinabés, Algériens, proches des émirs, Touaregs ou même barbouzards. Tous ces canaux sont bien huilés par de grosses enveloppes qui font le bonheur des intermédiaires, français ou sahéliens, dans l&#8217;opacité bienheureuse du secret défense et de la raison d&#8217;Etat&#8230; On n&#8217;ira pas y voir de trop près. Au-delà de cet aspect des choses ne sert-on pas plutôt les intérêts politiques d&#8217;Aqmi ?</div>
<div>Louis Gautier, président d&#8217;Orion-Observatoire de la Défense, a publié en janvier 2011 un texte collectif très virulent : <em>&#8220;Jusqu&#8217;à présent la réponse française a tergiversé, au risque de se laisser entraîner, par facilité ou réflexe de force, dans une escalade &#8211; recherchée par Aqmi -, aux conséquences pour le moins hasardeuses.&#8221; &#8220;Toute intervention pourrait aggraver la situation, et notamment renforcer le sentiment antifrançais, déjà de plus en plus fort. L&#8217;image de la France dans la région a beaucoup changé : elle n&#8217;est plus un pôle d&#8217;attraction, elle est perçue au travers de son action anti-migratoire jugée brutale et de sa politique tenue pour hostile à l&#8217;islam.</em>(&#8230;) <em>La voie militaire choisie par les Occidentaux fait donc courir bien plus de risques qu&#8217;elle n&#8217;offre de solutions.&#8221;</em></div>
<div>Même vision du politologue Jean-François Bayart : pour lui, en hissant Aqmi à son niveau, la France lui a donné du crédit. <em>&#8220;En combattant l&#8217;islamisme du haut de leur arrogance (ou de ce qui est perçu comme tel par nombre de musulmans),</em> [Français et Américains] <em>donnent aussi à celui-ci des lettres de noblesse anti-impérialistes qui ne laisseront pas insensibles tous les damnés de ce morceau de terre.&#8221;</em></div>
<div>Niger, Mali, Mauritanie, victimes au premier chef de la déstabilisation régionale créée par le conflit libyen, sont désormais coloriés en rouge et oranges sur les cartes du ministère français des Affaires étrangères : ces pays sont donc interdits au tourisme, aux ONG, aux visiteurs. Les zones désertiques du Nord &#8211; routes commerciales depuis toujours &#8211; sont abandonnées aux bandits et aux terroristes, à la grande fureur des populations, majoritairement touarègues, qui y vivent.</div>
<div>L&#8217;Occident n&#8217;offre plus que deux options : la coopération militaire et l&#8217;industrie minière &#8211; en exploitant notamment l&#8217;uranium du Niger, sous bonne escorte. Les contours d&#8217;un impérialisme à l&#8217;ancienne se dessinent et alimentent la fureur des djihadistes.</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.nathalie-prevost-niger.net/2012/01/21/otages-au-mali-antoine-et-vincent-ont-ils-ete-sacrifies-par-letat-francais-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le témoin secret: « Ils voulaient plus de Blancs »</title>
		<link>https://www.nathalie-prevost-niger.net/2010/09/26/le-temoin-secret-ils-voulaient-plus-de-blancs-2/</link>
		<comments>https://www.nathalie-prevost-niger.net/2010/09/26/le-temoin-secret-ils-voulaient-plus-de-blancs-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 26 Sep 2010 10:49:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nathalie PREVOST]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[securite]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nathalie-prevost-niger.net/?p=378</guid>
		<description><![CDATA[Le témoin secret: « Ils voulaient plus de Blancs » Abdallah est nigérien. La nuit des enlèvements, les terroristes d’Aqmi l’ont pris par erreur. Interrogé, frappé – sans doute par Abou Zeid lui-même –, il ne révélera pas les adresses de Français vivant à Arlit. Un miraculé et un héros. Une erreur de porte. Une&#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h5><span style="color: #993300;"><strong>Le témoin secret: « Ils voulaient plus de Blancs »</strong></span></h5>
<p><strong>Abdallah est nigérien. La nuit des enlèvements, les terroristes d’Aqmi l’ont pris par erreur. Interrogé, frappé – sans doute par Abou Zeid lui-même –, il ne révélera pas les adresses de Français vivant à Arlit. Un miraculé et un héros.</strong></p>
<p class="size-10">Une erreur de porte. Une erreur de personne qui a failli lui coûter la vie et sans doute sauvé celle de son voisin, un Français prénommé Olivier, mécanicien chez Areva. C’est ainsi qu’Abdallah, nigérien, Touareg, logisticien employé par le groupe français, explique son enlèvement, avec sa femme et trois autres personnes, par Al-Qaida au Maghreb islamique, il y a dix jours à Arlit. Lorsqu’il est tiré du lit, à 2 heures du matin ce 16 septembre, en survêtement aux couleurs de l’Olympique de Marseille dont il est un grand supporter, Abdallah, 45 ans, n’en revient pas. Trois hommes armés de kalachnikov viennent de faire irruption chez lui, en djellaba et en gilet. Ils parlent arabe, une langue qu’Abdallah et sa famille ne comprennent pas. Ils ont sauté le mur et frappé le gardien, ouvert la porte à coups de pied. Abdallah, son chauffeur, l’ami de son chauffeur et son neveu sont ligotés sur la terrasse de la maison. Sa femme, une belle et grande Touareg, au teint très clair, est conduite avec eux mais pas attachée. Par gestes, les inconnus font signe à Abdallah de leur donner la clef du véhicule, un 4&#215;4 Toyota. Le chauffeur obtempère. Les ravisseurs semblent contents de découvrir que la voiture d’Abdallah fonctionne à l’essence, plus commode que le gasoil en plein désert.</p>
<p class="size-10">&#8220;<i>Ils nous foutent dans le véhicule et ils démarrent. Nous sommes huit dans la voiture, nous cinq et trois hommes armés, dont un avec le turban qui cache le bas du visage</i>&#8220;, a raconté Abdallah aux enquêteurs qui l’ont longuement interrogé. Un pick-up Toyota attend, avec une dizaine d’hommes à bord. Les assaillants ouvrent la voie. La voiture d’Abdallah le suit. A l’intérieur, l’un des agresseurs demande, en arabe, &#8220;<i>El françaoui?</i>&#8221; Mais, personne ne répond, personne ne comprend rien. Abdallah croit encore qu’il a affaire à des bandits. A 15 kilomètres d’Arlit, <i>&#8220;ls nous font descendre et nous mettent à genoux. Nous sommes attachés. Nos ravisseurs nous encerclent.</i>&#8221; Jusque-là aucun coup, ni violences ni dialogue. Et pour cause, pas de langue commune. Quatre pick-up et le véhicule de la Satom, un Hilux, les rejoignent. <i>&#8220;Là, j’ai compris que c’était un truc sérieux.</i>&#8221; Les autres otages – cinq Français, un Togolais et un Malgache – sont à une quinzaine de mètres de l’endroit où est interrogé Abdallah. Il ne les voit pas. Il distingue seulement la silhouette d’un Blanc, dans la nuit. Il ne sait pas qui, ni que ses amis, les époux Larribe, sont là. &#8220;<i>On était tous assis comme ça, encerclés. Un homme est venu nous interroger en arabe mais on ne comprenait pas. Ils ont donc amené quelqu’un qui parlait tamashek</i> [la langue des Touareg] <i>pour servir d’interprète. Je le comprenais</i>.&#8221; Abdallah pense qu’il a affaire à un Malien ou à un Algérien. L’interrogatoire d’Abdallah et de sa famille commence, en tamashek puis en français. On leur demande leur nom, état civil, nationalité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h5>&#8220;<i>On a commencé à dire la prière des morts</i>&#8220;</h5>
<p class="size-10">Arrivé, le chef du groupe terroriste comprend sa méprise. &#8220;<i>Ils ont vu qu’on était nigériens, qu’ils s’étaient trompés.</i>&#8221; Le chef, un homme mince et de petite taille, barbu, s’énerve, crie. <i>&#8220;Il nous a demandé où étaient les Blancs.</i>&#8221; Abdallah comprend alors qu’il est victime &#8220;<i>d’une erreur de porte</i>&#8220;. Qu’à sa place, agenouillé dans le sable, devrait se trouver son voisin Olivier, qui occupe la maison mitoyenne de la sienne. Abdallah pense à son père, qui lui a toujours dit de garder la tête froide dans les pires circonstances. Il réfléchit, se dit que même si les terroristes retournent chercher des Blancs, rien ne garantit qu’ils ne le tueront pas. S’il doit mourir, car il est maintenant persuadé qu’il va mourir, il ne veut pas en entraîner d’autres avec lui. Les premiers coups s’abattent, sur sa bouche, dans son dos. Pendant une dizaine de minutes, les terroristes tentent de le faire parler, alternant coups et menaces de mort. <i>&#8220;Ils voulaient plus de Blancs.</i>&#8221; Les terroristes lui demandent où sont ceux qui habitent à côté de chez lui et envisagent de retourner à Arlit. Abdallah répond qu’il ne les connaît pas. Où sont ses collègues? Il dit travailler pour son compte, qu’il bricole en ville. Où sont les Blancs qui habitent à côté de l’hôpital? Abdallah continue de dire qu’il ne sait pas. Le chef, celui qui mène l’interrogatoire et le frappe, fait mine de l’égorger de la main, en lui disant &#8220;<i>Allah Wakbar!</i>&#8220;</p>
<p class="size-10">&#8220;<i>On a commencé à dire la prière des morts, tous les cinq.</i>&#8221; A ce moment-là, les terroristes découvrent que leurs victimes sont des musulmans. &#8220;<i>Ils se sont concertés ; ils se posaient la question de nous tuer ou pas. Et nous, on priait. Ils m’ont interrogé une dernière fois et puis ils nous ont enlevé les cordes et montré la direction de la ville avec un geste qui voulait dire &#8216;Partez&#8217;!</i>&#8220;. Abdallah, sa femme et ses trois protégés s’enfoncent dans la nuit et le sable. En se retournant, ils voient une grande flamme. C’est un véhicule 4&#215;4 qui brûle. Le groupe marche longtemps. A trois kilomètres d’Arlit, il croise un convoi militaire en route pour Agadez et peut téléphoner. Il est environ 6 heures du matin. La journée suivante, Abdallah la passera au commissariat. On lui a montré des photos, beaucoup de photos. Il en reconnaît une seule: celle du petit homme mince qui dirigeait son interrogatoire. Selon les enquêteurs, il s’agit d’Abou Zeid, le chef de la katiba d’Aqmi qui a organisé les enlèvements. Après trois jours d’hôpital, Abdallah est rentré chez lui, à Arlit. &#8220;<i>Il était traumatisé, parlait bizarrement, voulait vider sa maison, tout laisser</i>, raconte son ami Patrick. <i>C’est un homme très courageux. Il a sauvé des vies. Dieu seul sait pourquoi ils ne l’ont pas tué.&#8221;</i> Aujourd’hui, Abdallah et sa famille ont quitté la ville minière. Les psychologues s’occupent d’eux. Lui refuse les interviews.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.nathalie-prevost-niger.net/2010/09/26/le-temoin-secret-ils-voulaient-plus-de-blancs-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
